lundi 7 février 2011

SOUVENANCES

 Voici quelques extraits du bulletin «Souvenances» publié par l'association JMV-Maritimes, le 14 janvier 2011
------------------------

5ième COLLOQUE JMV-NB 2011


« ÉCRIRE MA VIE, OUI JE LE PEUX! »

Le samedi  7 mai 2011
Club de l’âge d’or de Richibouctou-Village
--------------------------------------
9 h 00 Inscriptions
• Échange amical - accueil – Muffins, café, thé, jus

• Projection de photos
9 h 45 Ouverture officielle du Colloque
• Présentation du comité du Colloque - Logistique de la journée
• Mot de la Présidente JMV-NB
• Accueil des représentants de l’Association
10 h 00 Conférence par nos invités
Monsieur Denis Sonier et Madame Faye Breau
11 h 30 Atelier (à confirmer)
12 h 00 Dîner
13 h 00 Atelier, suite…
13 h 30 Moment de gloire
• Les animatrices présentent les faits marquants de leurs groupes
• Les participants avec des éditions maison (Voir Fiche d’inscription)
14 h 15 Lancement  «Tes yeux qui me cherchent»  de Angélie Losier Jean
15 h 00 Session de signature des auteurs JMV-NB
15 h 30 Coupe du gâteau 5ième anniversaire
16 h 00 Clôture du Colloque JMV-NB 2011
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - - -

MOT DE LA PRÉSIDENTE
Bonjour à tous,

Je n’ai pu visiter les groupes comme je l’aurais rêvé. Cela me rappelle une phrase que ma mère me répétait souvent : « L’homme propose et Dieu dispose ».
Le message que j’ai à vous adresser aujourd’hui est : « Il y a toujours moyen d’apprendre de ce qui nous arrive. C’est probablement ce que vous faites en écrivant votre autobiographie. Vous apprenez de ce que vous avez vécu dans votre vie et vous continuerez d’apprendre jusqu’à la fin. Moi, j’ai appris suite à mon accident. Je vous partage mon texte écrit avec mon groupe de Beresford.  Ceci vous donnera une idée de ce que j’ai vécu et que je vis toujours. Je me vis bien et j’ai hâte de vous revoir tous au colloque le 7 mai prochain. Enfin! Enfin! Je me décide de m’assoir à mon ordinateur pour écrire.

Enfin! J’essaie de voir ce qui se passe en moi depuis ce fameux 8 novembre 2010 Enfin! Je me laisse aller à découvrir la signification de ce mot qui est monté lors de notre dernière rencontre de JMV.

Oui, ENFIN! Je peux faire confiance à la Vie. Enfin! Je viens d’accepter de m’accorder l’année d’arrêt qui crie en moi depuis plusieurs années. Je dirais même que cette soif de repos s’était manifestée après mon accident de 2001 en partant d’Ottawa. J’avais tellement peur de ne pas subvenir à mes besoins, de ne pas avoir d’amis, d’être laissée seule, de ne plus signifier rien pour personne, de manquer d’argent pour vivre, que cela m’a pris un autre accident pour me faire comprendre que je ne peux plus retarder cet appel au repos en moi.

Oui, Enfin! Je peux tout simplement Vivre! Quand j’ai repris connaissance dans mon auto le 8 novembre, je ne bougeais pas, je vivais tout simplement! Je respirais! Je faisais confiance à ceux qui étaient là! Je ne pouvais rien contrôler. Quand j’essayais de raidir mon corps pour me tenir, il flanchait et on me disait de les laisser faire. Mais je Vivais! J’entendais! Je sentais leur souci de prendre soin de moi. Je sentais leur respect. Je pouvais leur faire Confiance. Ils n’étaient là que pour m’aider.

Pourquoi ne pas les laisser faire, enfin! Les semaines qui ont suivi m’ont confirmée dans cette attitude. C’est inutile d’essayer d’avancer les rendez-vous à l’hôpital, de vouloir précipiter les choses. Je dépensais de l’énergie inutilement. J’avais besoin de cette énergie pour m’accueillir telle que j’étais. Finalement, j’ai dit que cela prendrait le temps qu’il fallait. Quand j’ai reçu la nouvelle que je ne pourrais pas conduire, on me disait que cela pourrait prendre six mois. Je croyais que ce serait pour un mois et que vite j’aurais réglé cela. Mais là, cela fait trois mois et je ne sais pas encore quand je pourrai reconduire. Mon auto neuve m’attend toujours. Mais je vis encore. Je me repose. J’apprends à demander de l’aide et je peux réapprendre à lire et à écrire. Je respire! Je peux prendre le temps de jaser avec quelqu’un. Je suis disponible pour de la visite!
J’AI LE TEMPS DE VIVRE!!!
ENFIN! J’ai la chance de gouter à la Vie avant qu’elle me soit enlevée pour de bon. ENFIN! Je pourrai me laisser habiter par cette Sérénité, cette Présence qui m’habite ce GPS intérieur qui me dit où aller, quand arrêter ou si je dois faire demi tour. Cette Présence, ce GPS que plusieurs nomment Dieu, Être Suprême ou Tout Autre. Pour le moment, je me contente de VIVRE TOUT SIMPLEMENT. Pour moi, vivre, c’est aussi être disponible. Je ne peux peut-être pas vous visiter, mais vous pouvez me rejoindre au téléphone ou par Skype. Je peux aussi recevoir de la visite. Vous êtes tous et toutes les bienvenus. Continuez votre beau travail et écrire votre vie est une activité qui va continuer à vous faire vivre vous aussi. C’est du moins ce que je vous souhaite.
À très bientôt,
Thérèse Landry
--------------------------------
PS : Je tiens à souhaiter une bienvenue spéciale au nouveau groupe de St-Léonard qui débute leur aventure avec JMV grâce à l’animatrice Mandy Poitras avec la collaboration de la bibliothèque de St- Léonard. Un remerciement à Jean-Baptiste Roy et Linda Noël-Smith qui prendront en main le nouveau groupe de la région Chaleur.

MOT DE LA RESPONSABLE DE L’ÉDITION
Au plein cœur de l’hiver, cela est surement plus difficile de quitter votre foyer pour aller aux rencontres JMV; mais, si vous êtes comme moi, la chaleur de ces rencontres vous aide à affronter les
plus grands froids.

J’espère que ce numéro de Souvenance sera un autre véhicule qui viendra vous réchauffer le cœur, un vent chaud sur le givre de nos histoires glacées. En nous forçant à l’intérieur, l’hiver est un temps propice pour l’écriture. Profitons-en!

Depuis le dernier numéro, il y a eu quelques malheureux événements. Je tiens à souligner que notre présidente, Thérèse,  sort tranquillement des effets de son accident d’auto. Elle est toujours en convalescence mais reprend graduellement son petit train train de vie. Nous lui souhaitons une pleine récupération de ses capacités.

Un autre malheur pour les participants de Restigouche fut le décès de Denis Mercier, conjoint de Marie-Louise. Vous trouverez ci-dessous, les messages de sympathies de Rose-Anne Lavallée et de Denise Michaud. Également, la mère de Germaine Basque-Benoit, une participante du groupe de Tracadie-Sheila, est décédée. Mes plus sincères sympathies à ces familles en deuil.

Vous aurez le plaisir de lire l’histoire d’une galerie spéciale qui hante la mémoire d’une participante de Grands-Sault. Et n’oubliez pas de regarder le programme du Colloque 2011. Il faut s’y inscrire le plus tôt possible afin d’avoir une idée du nombre de
participants. Votre animatrice aura plus de détails ou, vous pouvez m’appeler directement ou m’envoyer un message électronique si vous avez des questions.
Toujours disponible,
Francine Guignard
-------------------------------------
imagePaul Losier, Beresford

A chaque rencontre de notre regroupement, nous vivons des moments uniques. Les membres présents se dévoilent en toute confiance sachant que nous n’allons pas colporter à tout vent les confidences dont nous sommes témoins. Il peut s’agir de la maladie, des joies, des peines, des deuils, des drames et j’en passe. Encore aujourd’hui, nous avons pu entendre des témoignages de vie très bouleversants mais qui nous démontrent l’instinct de survivance de l’être humain. Le fait de pouvoir se confier volontairement à un groupe de personnes à l’écoute devient un genre de thérapie autant pour la personne qui donne son témoignage que celle qui le reçoit. Il faut du courage, de l’humilité et de l’abnégation pour se dévoiler ainsi. Il se peut que ce soit l’énergie du désespoir qui nous amène à livrer nos pensées les plus profondes concernant nos émotions. Quoi qu’il en soit, livrer sa vie semble avoir des effets bénéfiques dont il faut profiter.

Malgré tout ce qui nous arrive, l’être humain cherche à survivre, à vivre le plus longtemps possible. C’est heureux que l’homme soit fait ainsi. Nous avons l’occasion de côtoyer des personnes quotidiennement qui luttent pour leur survie à chaque jour de leur vie. Chaque personne que nous rencontrons vit des épisodes de vie dont nous ignorons l’existence. John Watson a écrit : « Sois indulgent, chaque être que tu rencontres livre une dure bataille. »

Certaines personnes nous livrent des témoignages qui dépassent notre entendement. Si nous avions à vivre pareille situation, nous croyons que nous ne pourrions pas passer au-travers de telles épreuves. Nous ne sommes pas à leur place mais parfois nous osons nous dire à quoi cela sert de continuer à vivre avec une si pauvre qualité de vie à nos yeux ? Il semble y avoir des raisons qu’on ne peut expliquer qui motivent les gens à vouloir survivre après avoir tout perdu ou presque. L’être humain possède des ressources insoupçonnées pour se trouver des raisons de vivre avec ce qu’il lui reste. Il semble que du moment que nous pouvons assumer nos limites et nous accepter tel que nous sommes, notre vie continue.
Le 24 janvier 2011
***************************************************
LA GALERIE DE NOS PROMESSES
Claudette Beaulieu Michaud, Grand-Sault

Cette galerie mémorable, très large, couvrait toute la façade de notre spacieuse maison  familiale. Cette dernière était située sur un terrain élevé et de la galerie une vue panoramique s’offrait à nos yeux. Du côté gauche on apercevait les champs de notre terre, la demeure des Picard et une butte parfaite pour le traineau sauvage. Plus loin on admirait les terres fertiles des Danois couronnées de deux minuscules églises protestantes. Pour nous ces temples que mes parents appelaient « mitaines » étaient bien mystérieux. J’ai appris plus tard que cette appellation venait du mot « meeting » et n’avait rien de péjoratif. De l’autre côté à droite, c’était la cave à patates mais au-dessus, au  sommet de la côte Pelletier, on distinguait la maison des Brielle et l’école Violette. Cette école rurale de deux classes à un mille de chez nous  a été fréquentée par mes plus jeunes sœurs et frères ainsi que ma mère, comme enseignante.

Cette galerie pourrait porter le nom de galerie des réprimandes car c’est dans l’encoignure que ma mère, une fois les jeunes au lit, nous rencontrait pour corriger les comportements indésirables. Je me souviens qu’un soir elle me convoqua pour m’avertir que c’était mal de traiter sa jeune sœur Lucille de « p’tite viarge ». Ça été fini! Même mon père y avait passé. Elle l’avait entendu... Elle lui fit promettre que plus jamais il ne prononcerait le juron « maudit » devant les enfants. En toute honnêteté je peux avouer que je n’ai jamais entendu mon père « sacrer » ni aucun des hommes engagés alentour de la ferme. Assez souvent, ma mère avait quelqu’un à rencontrer, à la brunante, sur la galerie afin de régler une situation, informer de ses nouvelles décisions ou simplement jaser avec mon père ou les voisins.
Au plafond de cette galerie étaient attachées de longues cordes qui servaient à étendre et sécher le linge durant l’hiver les lundis de lessive. Il fallait pendre les vêtements rapidement car ils gelaient et devenaient raides comme des bardeaux. Après deux ou trois jours on entrait ce linge encore gelé pour le déposer près du poêle à bois. En été c’était plus facile car on étendait le linge qui séchait en un rien de temps sur une longue corde à poulies, une vissées au garage et l’autre au coin de la grange. Et non, pas  d’automatisme. La laveuse consistait d’un grand récipient surmonté de tordeurs parfois électriques parfois manuels et quand à la sécheuse c’était le soleil et le vent.

Cette véranda était aussi la cachette des jeunes sœurs espiègles qui se glissaient en dessous pour écouter les confidences des grandes, de leurs amies et même de leurs cavaliers. Les ainées ne se doutaient pas que des p’tites oreilles étaient grande ouvertes à l’écoute de secrets ou de mots doux. Même furieuses il fallait parfois promettre aux petites bavardes l’impossible afin que ces révélations n’arrivent pas aux oreilles de maman.
C’est sur cette même galerie qu’un matin de septembre je disais adieu à mes amours de jeunesse avec la promesse que je ne m’immiscerais jamais entre lui et son Dieu. Cette parole donnée a été fidèlement tenue. De cela il y a soixante ans mais dans mon cœur et ma tête c’était hier.
Cette maison de soixante-quinze ans et sa galerie existent encore. Elle a subit l’épreuve du temps mais elle demeure toujours fière et très vivante. La galerie originale a été détruite, reconstruite et agrandie selon les gouts du nouveau propriétaire. Aujourd’hui les p’tits Cyr s’amusent sur ce perron avec leur Ipod et leur Game Boy tandis que la maman paye ses factures sur l’Internet, fait ses achats en ligne sur e-Bay en attendant que les pizzas McCain cuisent au four pour le repas du soir de la famille Cyr.
---------------------------------------

PETITE RANDONNÉE MATINALE
Murielle King, Grand-Sault

Il a neigé la nuit dernière. Je l`attendais avec fébrilité cette bordée. Eh oui, j`aime l`hiver. Quand je devais me rendre au boulot tous les matins, j`appréhendais parfois l’état des  routes. Désormais  mon statut de retraitée me procure de plaisantes activités au grand air. Donc ce matin, je suis aux anges. Sitôt mon petit déjeuner englouti, je chausse mes raquettes. Me voilà partie pour une bonne heure. Mes pieds s`enfoncent dans la neige en harmonie avec ma  respiration et le silence environnant. Tel un artiste produisant sur une toile vierge, j`imprime les empreintes de mon passage.
À ma vue s`offre un spectacle envoutant : cadeau gratuit de Dame Nature. Je veux me rendre au petit bois, là où habitent des épinettes immenses. Tout en progressant dans ma marche, j`ai l`impression de me fondre graduellement dans ce paysage hivernal. En empruntant le sentier habituel, j’aperçois ces branches de conifères ployant sous  le fardeau de cette épaisse couche de neige. On dirait que chacune d’entre elles s’évertuent à
embrasser le sol. Ou serait-ce plutôt qu'elles se prosternent devant le Créateur ? Bouleaux, merisiers, sapins et jusqu'aux plus minces brindilles dans le sous-bois, tous ont reçu une part des ornements. On pourrait imaginer qu'un malaxeur géant toujours en marche ait quitté son bol afin de répandre sa meringue dans tous les sens sur la forêt tout entière. Il me faut profiter au maximum de ces moments enivrants car je sais fort bien que cette magnificence peut être de courte durée. Il suffira de quelques bourrasques pour éparpiller ces guirlandes fragiles. Qu'à cela ne tienne, j’aurai eu un Noël en janvier.

dimanche 14 novembre 2010

Le Jardin de tante May

 
 May Cormier Roy venait tout juste de terminer son autobiographie quand la mort l'a ravie. Ses amies lui ont rendu un vibrant hommage  dans des textes déjà publiés sur ce blogue et maintenant, son époux, MayGarnet, a vu à sa publication.  Que d'amour cette May a reçu en témoignage posthume!

Son amie et animatrice nous écrit:
«  Ce fut une première d'un img111lancement de livre du groupe JMV Restigouche. Un événement très émouvant à vivre, une magnifique réussite pour May d'avoir pu achever son œuvre avant son décès. Pendant les deux ans et demi qu'elle a assisté avec fidélité et assiduité aux rencontres bimensuelles de JMV, elle nous partageait son bonheur et sa fierté d'accomplir son rêve d'écrire son autobiographie. Elle m'a remercié, à maintes reprises, d'avoir le privilège d'être l'heureuse participante avec JMV et elle m'exprimait sa reconnaissance. Son lancement me fut une récompense de lui avoir prêté main forte et de lui avoir prêté l'oreille afin qu'elle concrétise son autobiographie dont elle rêvait depuis longue date.

Janine Renault, une participante de mon groupe 2007-2010, adresse la parole à l'audience lors du lancement.» 

Rose-Anne Savoie Lavallée












dimanche 15 août 2010

Bonne Fête à nos membres acadiens

Aujourd'hui 15 août, l'Acadie célèbre son anniversaire. Nous adressons à tous nos amis nos meilleurs vœux pour que cette journée soit mémorable non seulement pour nos membres mais aussi pour tout le peuple acadien. 

Je viens tout juste de terminer la lecture du livre de Pauline Gill: Évangéline et Gabriel, une fresque historique remarquable qui nous fait mieux comprendre l'âme acadienne, le courage inouï dont ce peuple a fait preuve non seulement pour survivre à ses épreuves mais aussi pour conserver sa langue.
Au nom de tous nos membres,
Bonne fête chers amis!

Marie Collard, présidente

vendredi 16 juillet 2010

Les Maritimes au conseil d'administration 2010-2011

Pour une 2e année consécutive, Francine Boudreau Guignard de Restigouche, Nouveau-Brunswick a accepté de représenter sa région à l'occasion du congrès annuel tenu à Saint-Jean-sur-le-Richelieu le 29 mai dernier. Cette région compte un nombre important de participants inscrits à nos ateliers J'écris ma vie. Francine était accompagnée de son conjoint M. Jean-Claude Guignard et de Madame Thérèse Landry.

Lors de cette rencontre qui célébrait les 10 ans de notre association, Francine a démontré une autre fois ses talents d'écriture. Elle a livré une introduction empreinte de poésie et de mots qui parlaient d'abondance du coeur quand elle a présenté notre conférencière Madame Minou Petrowski.

Francine est appréciée de tous pour son ouverture et son esprit de collaboration. Seule la distance nous sépare mais la technologie y supplée fort heureusement.

Un grand coup de chapeau, Francine, dans cette chaleur d'un bel été.

vendredi 14 mai 2010

4e colloque JMV-NB

C’est à Shediac le samedi 24 avril qu’avait lieu le 4e colloque de l’Association J’écris ma vie sous la présidence de Laurence Beaulieu-Arsenault.

En effet, plus d’une cinquantaine de personnes provenant de diverses régions, telles, Bathurst, Campbellton, Shediac, Richibuctou, Péninsule acadienne, Moncton en plus de Sydney Cap-Breton, Edmonton Alberta et de Québec ont pris part à cette rencontre centrée sur l’écriture.

J’écris ma vie est un organisme qui offre des ateliers d’écriture aux personnes qui désirent rédiger leur autobiographie. Fondé au Québec, ce mouvement est présent dans la province depuis 2005.

Pour cet événement, on notait la présence du maire de la ville de Shediac, Raymond Cormier, de la fondatrice de J’écris ma vie-Nouveau-Brunswick, Thérèse Landry de Bathurst et de la Responsable provinciale, Francine Boudreau-Guignard de Richibuctou.

Réunissant les membres de l’association et du public sous le thème « Au carrefour de ma vie…j’écris ma vie », des ateliers furent offerts par Armand Robichaud, auteur de Shediac et par Denis Sonier et Faye Breau, fondateur et fondatrice des Éditions de la Francophonie. Ce dernier et cette dernière ont d’ailleurs donné avec une grande générosité un livre à chaque participant.e.

A l’occasion de cet événement littéraire, il y eut deux lancements de livres : « Un bouquet de poésie » par Lyne Eve de Shediac et « Situation trompeuse » par Murielle Duguay de Tracadie-Sheila. Quelques manuscrits furent présentés par Lise Boudreau, Colette Diotte, Kathleen Gallant, Edgar LeBlanc, Marie-Louise Mercier et Janine Renault.

Les animatrices régionales ont eu la chance de partager leurs expériences d’écriture vécues dans leur milieu respectif; étaient présentes : Lydia Austin de Tracadie-Sheila, Francine Boudreau-Guignard de Richibuctou, Thérèse Landry de Bathurst, Rose-Anne Lavallée-Savoie de Campbellton, Edwina Ward de Edmonton Alberta, Monique Cantin de Sydney-Mines Cap-Breton et Laurence Beaulieu-Arsenault de Shediac.

Parmi les auteurs qui ont publié dans le cadre de J’écris ma vie, on remarquait la présence de Angélie Jean, Jacqueline LeBlanc, Robert Roy, Thérèse Landry, Francine Boudreau-Guignard, Simonne Savoie.

Plusieurs prix de présence furent offerts aux participants grâce à de généreux commanditaires, notamment, l’Association acadienne et francophone des aînés, Assomption-Vie, Bijouterie Centreville, Boutique Anise, Brew Chez-nous, la Fédération des caisses populaires, la Garderie Chez Lyne, les Editions de la Francophonie,, Lise Hairstyling, la Province du Nouveau-Brunswick, la Savonnerie Olivier, Shopper’s Drug Mart, VC Rénovations Ltée, le ministre Victor Boudreau et la Ville de Shediac.

La présidente-organisatrice est satisfaite de la participation et de la tenue de cet événement annuel dans la ville de Shediac qui s’est avéré être un véritable succès.

source: L’Acadie nouvelle et L’Étoile (Nouveau-Brunswick)

 

(Des photos sont à suivre)

dimanche 4 avril 2010

Edgar LeBlanc se raconte

clip_image002
Souper de Noël à Shédiac

L’animatrice de notre groupe était Annette Poirier
À l’arrière (debout, de gauche à droite) : Rachelle Poirier, Annette Poirier (animatrice), Thérèse Hébert, Marguerite Gagnon, Lyne Eve, Annette Arsenault, Laurence Beaulieu-Arsenault, Thérèse Landry (responsable du secteur du Nouveau Brunswick).
En avant (assis, de gauche à droite) Gilberte Bastarache, Edgar LeBlanc, Jacqueline LeBlanc, Robert Roy (participant ¨JMV¨ de Berresford), Susie-Anne Mazerole Eve et Thérèse Boudreau.


Introduction à mon autobiographie

Le Congrès Mondial Acadien fut célébré pour la première fois en 1994 dans la région de Moncton. La deuxième célébration de ce Congrès fut célébrée en Louisiane en 1999, et la troisième fut en Nouvelle-Écosse en 2004. C'est à celle-ci que j'ai assisté et que j'ai fait des rencontres importantes avec ma sœur, son mari et mes nièces. C'est aussi à ce temps-là que j'ai décidé d'écrire quelques pages sur l'histoire de notre famille LeBlanc.

Ma plus jeune sœur Dianna demeurait avec sa famille à Auburn en Nouvelle-Écosse et son mari Mitch était stationné à la base militaire de Greenwood. Elle nous avait invités à rester chez-elle pendant que Cécile et moi assistions aux réunions des familles Gaudet et LeBlanc. Les réunions qui nous intéressaient étaient pour la plupart dans la Vallée d’Annapolis; la famille LeBlanc se rencontrait à Church Point et celle des Gaudet à Claire et à Saulnierville. Au cours des deux semaines, nous voulions assister à certains événements comme les cérémonies d'ouverture et de fermeture et ainsi qu'à certains concerts de musique acadienne.

Dianna, née à Fredericton, savait qu'elle était Acadienne, mais elle n'avait jamais eu la chance de s'intégrer dans notre culture, soit par l'usage de la langue, par nos célébrations de familles ou par l'histoire de nos ancêtres. Son mari et ses deux filles, Amanda et Sara, en étaient encore moins conscients. Profitant de mes connaissances et de mon enthousiasme pour l'histoire, elle et sa famille ont voulu nous joindre pour les réunions de la famille LeBlanc ainsi qu'à d'autres événements organisés pour ces retrouvailles.

Durant ces vacances chez ma sœur, je me suis rendu compte de sa grande curiosité pour notre culture et notre héritage. Ces beaux moments passés avec elle et sa famille ont contribué à leur désir d'apprendre davantage leur histoire et les raisons de célébrer notre fête nationale du 15 août. Sara, la plus jeune, dit à sa mère: "Maman, je ne savais pas que nous étions Acadiennes, et c'est vraiment du fun".

De retour chez moi, je ne pouvais pas oublier cette expérience d'avoir passé du temps avec ma sœur et sa famille. J'avais beaucoup appris d'eux et je voulais leur laisser quelque chose d'intérêt pour continuer leur expérience acadienne. Depuis 1989, j'avais déjà accumulé plusieurs documents et passé des heures de recherche sur la généalogie de notre famille, tant du côté de mon père que de celui de ma mère. Dianna n'avait que quatorze ans quand notre mère a finalement succombé au cancer, après des années de maladie.

En continuant l'organisation de mes notes accumulées jusqu'à date, je réalisai que de simples notes de généalogie ne feraient pas l'affaire. Alors, afin d'expliquer d'une façon plus intime l'histoire de notre famille et quelques-unes des coutumes acadiennes, je décidai d'écrire mon autobiographie.

Un soir, en lisant le journal Le Moniteur, je suis tombé par coïncidence sur un article annonçant une rencontre d'information du groupe « J'écris ma vie ». L'animatrice du groupe s’appelait Annette Poirier et la première rencontre prit place le 14 décembre 2006 à l'Ecole Mgr F. Bourgeois à Shédiac. Le groupe offre du support en même temps que de la direction pour compléter un ouvrage tel que celui-ci. C'est un peu comme un cours par correspondance et je trouvais que cela demandait de la discipline et de la persévérance pour compléter le projet. Bien que ce fût difficile, c'était exactement l'aide dont j'avais besoin.

Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles j'ai choisi d'écrire mon texte dans ma langue maternelle. Ma seule éducation en français se termina en huitième année, et de cela il y a cinquante ans. Principalement, je pense être le dernier parmi mes frères et sœurs à être capable d'écrire un texte comme celui-ci dans la langue de nos ancêtres et je veux rendre hommage à notre mère qui a toujours eu de la difficulté avec la langue anglaise, mais qui, par contre, a toujours voulu parler le français à ses enfants. Elle a voulu leur laisser une connaissance orale de la langue maternelle pour qu'ils puissent, au moins après un petit élan de discours « chiac », comprendre l'idée principale d'une conversation.

C'est très possible que la majorité de mes neveux et nièces ne puissent pas lire ces quelques pages, mais je veux quand même leur donner le défi de le faire. Je félicite ma sœur Dianna qui a suivi des cours du soir à Chicoutimi pour mieux apprendre le français. J'avais été très touché lorsqu'elle m'a écrit une grande lettre en français et me racontait toutes les nouvelles de sa famille. Mon beau-frère Mitch est parfaitement bilingue, ce que je pense lui a donné du support.

Edgar LeBlanc

mercredi 17 mars 2010

HOMMAGE à deux disparues

Le secteur J’écris ma vie du Nouveau-Brunswick est de nouveau éprouvé par le décès d’une des leurs Madame Camélia Beaulieu qui achevait d’écrire son autobiographie et par Madame Louise Toner Thériault. L’association J’écris ma vie offre ses plus sincères condoléances aux personnes touchées par ce deuil. Nous reproduisons ici l’hommage posthume rendue à la défunte.
Marie Collard, présidente.
Groupe de Grand-Sault.
Assises : Claudette Michaud, Murielle Losier, Murielle King, Louise Carter Thériault.
Debout:Irma Toner, Gérard Ouellet, Thérèse Thériault, Alyre Thériault,
Mariette Beaupré, animatrice Adrienne Michaud
Hommage à Louise Carter Thériault

Louise était native d'Ottawa et demeura plusieurs années à Montréal avant de prendre mari et s'établir au Nouveau-Brunswick, à Grand-Sault. Ell est décédée le dimanche 28 mars 2010, à l'âge de 66 ans. Elle faisait partie de notre groupe depuis le début, en  janvier 2009.
Membre très active, d'une humeur joviale et remplie de vie, elle nous manquera beaucoup

Chère Louise,

Sur ton chemin ici-bas, tu étais un exemple de courage et d’espoir malgré la maladie qui t’accablait depuis nombre d’années. Tu étais une chercheuse infatigable et avec joie et générosité tu faisais part de tes découvertes aux intéressées, particulièrement nous, membres JMV.
Tu étais une inspiration pour tous ceux que tu as côtoyés avec ton grand sourire et ton humeur joviale.
Avec ton esprit vif et positif, ton audace, ta confiance, ton intérêt et ton enthousiasme tu as su faire rapidement ta marque auprès de nous, ton groupe
« J’écris ma vie ». Tu nous manqueras beaucoup !
Tu as été une grande Dame, trop peu connue ! Tu mérites maintenant le repos éternel !
Merci Louise d’avoir fait partie de ma vie ne serait-ce qu’une année !

Mariette Beaupré
Le 28 mars, 2010


Carmélia Beaulieu


Que dire de cette merveilleuse personne?

Que c’était une personne intelligente, une femme de caractère, une passionnée de lecture, d’écriture, passionnée pour toute la culture.
Que c’était une personne d’une grande humilité et d’une grande simplicité; que tout le monde de son entourage qui l’avait côtoyée l’avait adorée.
Que c’était une personne de courage et d’abnégation qui s’est donnée et dévouée pour plusieurs générations à son mari pendant 61 ans, à ses neuf enfants, ses 16 petits-enfants et ses 14 arrières petits-enfants.

Quoi dire de la vie de Carmélia?

Qu’elle a été institutrice,
qu’elle aimait mieux voir ses enfants lire l’encyclopédie que de les voir regarder l’ours Yogi;
que le latin passait avant le patin,
que les devoirs ne devaient pas être considérés comme une dure obligation mais comme un simple petit abc de l’instruction.
Qu’elle a été mariée à un bâtisseur qui bien souvent construisait loin de la maison;
que des maisons elle en a eues, et des déménagements elle en a vécus.
Qu’elle a fait entrer dans notre maison, la musique comme notre grand compagnon; le puissant Beethoven chevauchait avec le tonitruant Led Zeppelin et
que Jean-Sébastien Bach s’harmonisait bien avec Fleetwood Mac,
Qu’elle a été une bonne couturière et que l’on soit bien habillés elle en était fière;
qu’elle a été une bonne cuisinière et que l’apéro du dimanche midi, était la messe et le pain béni.
Ces épisodes de sa vie nous les connaissons, nous nous en souvenons, mais il y a un aspect de sa personnalité que peu de monde connaissait ou même ne se doutait;
que jamais ou peu elle ne parlait; c’est sa vie spirituelle, sa vie intérieure personnelle, vie à la fois mystique et hermétique. La plupart des gens appellerait ça «son côté ésotérique» vous savez cette partie de certaines philosophies anciennes qui devaient rester inconnue et secrète des non-initiés. Moi j’appellerais plutôt ça «son côté philosophique» i-e, ce besoin de recherche, ce besoin de se former une réflexion sur la nature et les causes de l’Univers et de l’Homme.


Comment l’univers s’est-il créé? Pourquoi l’homme est-il né?

Je pourrais aussi appeler ça «son petit côté théosophique». La théosophie est cette croyance en une sagesse divine, omniprésente dans l’univers et dans l’homme. Je m’explique donc. Un jour, quelques temps après le décès de notre frère Jean-François qui était philosophe de formation; elle me remet un document qui était sa thèse de maîtrise qu’il avait déposé à l’Institut des Études Islamiques de l’Université McGill.
Elle me dit : «Pierre, tu devrais lire cela, c’est très bon. Jean-François a écrit quelque chose de réellement impressionnant avec lequel je suis tout à fait en accord. Je suis réellement fière de lui». Elle me parlait comme si elle était son directeur de thèse, comme si elle était dans la peau d’un superviseur qui en évalue les valeurs et les teneurs. Je prends donc le document et j’en lis le titre :

Gnose et philosophie : Une étude du Ta’wil Ismaélien d’après le Livre des sources d’Al-Sijistani 


Elle me regarda et me dit alors : «J’aime bien certains passages des pages 45 et 46 qui reflètent exactement ma pensée. Ça parle de la Création, de l’Homme, du Retour, de la Réincarnation». La thèse disait :


S’il n’y avait pas de retour, la création devrait être qualifiée de "plaisanterie absurde et de frivole amusement". En effet, s’il n’y avait pas de retour, les conditions respectives des mauvais et des bons s’équivaudraient après la mort. Or, comment supposer la sagesse divine capable "de produire d’elle-même une aussi colossale absurdité".

À quoi bon faire éclore des individus qui se succédant d’âge en âge sans qu’il en résulte une évolution, évolution démarquant l’être humain de la bestialité.

Et pour donner des explications à ce que je venais de lire, Carmélia m’a tout simplement dit : « Est-ce que les moutons et les cochons ont évolué depuis des millénaires? Non! »
dit-elle : «L’être humain? Oui! C’en est la preuve!».

Cette journée là, j’ai découvert un autre aspect de la personnalité de notre mère; cette journée là, j’ai détecté une curiosité, une curieuse envie à connaître, à savoir, à comprendre les assises de notre Monde.

Ces dernières semaines, j’ai eu l’occasion de relire plusieurs fois des passages de la thèse de Jean-François. Pour moi ce fut réellement un «back to the future». Ce retour philosophique m’a surtout permis de comprendre encore plus ce qu’était Carmélia. Oui, Carmélia se posait des questions sur l’être humain, sur la vie et sur la mort. Oui elle se posait des questions sur le «comment» et peut-être encore plus sur le «pourquoi» de la Création. J’ai compris qu’elle aurait aimé participer aux grands festins des illustres penseurs de notre destin; et qu’elle avait grande soif des nouveaux nectars philosophiques et théosophiques. Elle croyait en la Sagesse divine. Elle croyait au paradis, paradis qu’elle associait à la Parole de Dieu.

Une semaine après son hospitalisation à Edmundston, je lui ai montré le document de Jean-François, elle l’a immédiatement reconnu. Elle ne pouvait pas parler, mais tout juste bouger; elle a réagi; elle m’a souri. Lorsque je lui ai demandé si elle avait fait ses bagages et si elle était prête pour son céleste voyage; elle m’a fait signe que oui.

Aujourd’hui où elle est rendue, on la sait heureuse car c’est une autre vie à laquelle elle s’était bien préparée. Elle était prête pour ce dernier déménagement.
Aujourd’hui, on réalise réellement combien spirituelle était Carmélia; cette croyance en l’Homme, en la Création, en Dieu, était son adrénaline qui la rendait tellement forte et ce, tant physiquement que psychiquement. Donner était tout naturel. Avoir le pouvoir de se donner était un don du ciel. On reconnaît combien cette femme était extraordinaire; à la fois femme de bonté et de dignité, femme d’humilité et de simplicité, femme courageuse et religieuse. Elle pourra désormais s’abreuver de toutes les paroles divines qu’elle voudra. Elle saura tous les « comment » et connaîtra tous les « pourquoi ».

Carmélia ne sera jamais admise au temple de la renommée des grands philosophes de ce monde; mais elle avait l’esprit, l’intelligence et la sagesse pour être à leur table. Carmélia ne sera jamais honorée lors de grands galas de charité pour avoir été un être tout à fait remarquable qui s’est donnée corps et âme toute sa vie pour la collectivité; mais de la manière dont elle nous a élevés, de la manière dont elle nous a aimés, on sait très bien qu’elle se serait donnée pour tous les Haïtiens défavorisés de ce monde. Carmélia ne sera jamais peinte sur le tableau des saintes; mais si pour être une sainte comme le dit si bien Larousse; c’est de mener une vie exemplaire sur le plan moral et religieux, eh bien, notre mère était une sainte à nos yeux!

Avant de terminer, j’aimerais lire deux extraits de texte de Carmélia qui définissent bien sa pensée. Le premier parle de joies et de bonheurs, de peines et de malheurs :

«Peut-on être malheureuse quand on a la certitude que Dieu existe et qu’il prend soin de ceux qui Lui font confiance»?

Le deuxième est un passage de son poème intitulé Réflexions-Prières inspiré d’un texte de Victor Hugo :
«Je dis que le tombeau qui sur les morts se referme leur ouvre le firmament; et que, ce qu’ici-bas nous prenons pour le terme, est le commencement».

Bonne lecture à la bibliothèque Divine, Carmélia;
Bonne écriture à l’université de l’Esprit;
Bonne culture dans le jardin de la Création;

Si les Indes ont gratifié le monde d’une mère Térésa; humblement nous osons dire que Kedgwick a privilégié Renaud et sa famille d’une mère Carmélia.

Bon retour dans l’Au-delà! À bientôt

Par Pierre Gagnon, fils de Carmélia et Renaud Gagnon
 --------------------------------------------------------------

RÉFLEXIONS PRIÈRES, ADIEU - Carmélia Beaulieu
(D’après un texte de Victor Hugo)

Maintenant que du deuil qui
M’a fait l’âme obscure,
Je sors pâle et vainqueur.
Et que je sens la paix
De la grande nature
Qui m’entre dans le cœur.
Maintenant ô mon Dieu
Que j’ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre.
Où je sais que dans l’ombre
Il dort pour jamais.
Je viens à vous Seigneur
Père auquel il faut croire.
Je vous porte apaisé
Les morceaux de ce cœur
Tout plein de votre gloire
Que vous avez brisé.
Je viens à vous Seigneur
Confessant que vous êtes.
Bon, clément, indulgent et
Doux ô Dieu vivant!
Je conviens que vous seul
Savez ce que vous faites
Et que l’homme n’est rien
Qu’un jonc qui tremble au vent.
Je dis que le tombeau qui
Sur les morts se ferme,
Ouvre le firmament.
Et que, ce qu’ici-bas nous
Prenons pour le terme
Est le commencement.
Je conviens à genoux que
Vous seul Père auguste
Possédez l’infini, le réel
L’absolu.
Je conviens qu’il est bon
Je conviens qu’il est juste
Que mon cœur ait saigné
Puisque Dieu l’a voulu.
Je ne résiste plus à tout
Ce qui m’arrive.
Par votre volonté,
L’Âme de deuils en deuils,
L’homme de rive en rive
Roule à l’éternité.
Nous ne voyons jamais
Qu’un seul côté des choses.
L’autre plonge en la nuit
D’un mystère effrayant.
L’homme subit le joug
Sans connaître les causes.
Tout ce qu’il voit est court,
Inutile et fuyant.
Vous faites revenir toujours
La solitude.
Autour de tous ses pas
Vous n’avez pas voulu,
Qu’il eut la certitude
Ni la joie ici-bas.
Dès qu’il possède un bien,
Le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné.
Dans ses rapides jours
Pour qu’il s’en puisse faire
Une demeure et dire,
C’est ici ma maison, mon
Champs et mes souvenirs.
Je vous supplie ô Dieu
De regarder mon âme
Et de considérer
Qu’humble comme un enfant
Je viens vous adorer.
Aujourd’hui moi qui fus
Faible comme une mère
Je me courbe à vos pieds.
Devant vos cieux ouverts
Je me sens éclairé dans
Ma douleur amère
Par un meilleur regard
Jeté sur l’univers.